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  2013-10-17 18:16:55, csütörtök
 
  Prévert, Jacques: Utazás (Voyages Magyar nyelven)

Voyages (Francia)


Moi aussi

comme les peintres

j'ai mes modèles



Un jour

et c'est déjà hier

sur la plate-forme de l'autobus

je regardais les femmes

qui descendaient la rue d'Amsterdam

Soudain à travers la vitre du bus

j'en découvris une

que je n'avais pas vue monter

Assise et seule elle semblait sourire

A l'instant même elle me plut énormément

mais au même instant

je m'aperçus que c'était la mienne

J'étais content.





Utazás (Magyar)


Nekem is, miként

a festőknek

Megvannak a modelljeim.



Egy nap

És ez már tegnap volt

Az autóbusz peronján

Néztem a nőket

Akik az Amszterdam utcánál

Szálltak le

Hirtelen a busz szemközti ablakában

Észrevettem egy nőt

Akit nem is láttam felszállni

Ült és ő tűnt egyedül

szomorúnak

Ugyanabban a pillanatban

rámnézett teljesen természetesen

És ugyanabban a pillanatban

Észrevettem, hogy ez a nő

az enyém

És boldog voltam.

Kéri Katalin

 
 
0 komment , kategória:  Jacques Prévert 1.  
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  2013-10-17 18:15:00, csütörtök
 
  Prévert, Jacques: Kísérlet egy maszkabállal egybekötött díszvacsora leírására (Tentative de description d'un dîner de têtes à Paris-France Magyar nyelven)

Tentative de description d'un dîner de têtes à Paris-France (Francia)


Ceux qui pieusement...
Ceux qui copieusement...
Ceux qui tricolorent
Ceux qui inaugurent
Ceux qui croient
Ceux qui croient croire
Ceux qui croa-croa (1)
Ceux qui ont des plumes
Ceux qui grignotent
Ceux qui andromaquent (2)
Ceux qui dreadnoughtent (3)
Ceux qui majusculent
Ceux qui chantent en mesure
Ceux qui brossent à reluire
Ceux qui ont du ventre
Ceux qui baissent les yeux
Ceux qui savent découper le poulet
Ceux qui sont chauves à l'intérieur de la tête
Ceux qui bénissent les meutes
Ceux qui font les honneurs du pied (4)
Ceux qui debout les morts (5)
Ceux qui baïonnette... on (6)
Ceux qui donnent des canons aux enfants
Ceux qui donnent des enfants aux canons
Ceux qui flottent et ne sombrent pas
Ceux qui ne prennent pas le Pirée pour un homme (7)
Ceux que leurs ailes de géants empêchent de voler (8)
Ceux qui plantent en rêve des tessons de bouteille sur la grande muraille de Chine
Ceux qui mettent un loup sur leur visage quand ils mangent du mouton
Ceux qui volent des neufs et qui n'osent pas les faire cuire
Ceux qui ont quatre mille huit cent dix mètres de Mont Blanc, trois cents de Tour Eiffel, vingt-cinq centimètres de tour de poitrine et qui en sont fiers
Ceux qui mamellent de la France
Ceux qui courent, volent et nous vengent, tous ceux-là, et beaucoup d'autres entraient fièrement à l'Élysée en faisant craquer les graviers, tous ceux-là se bousculaient, se dépêchaient, car il y avait un grand dîner de têtes et chacun s'était fait celle qu'il voulait.
L'un une tête de pipe en terre, l'autre une tête d'amiral anglais, il y en avait avec des têtes de boule puante, des têtes de galliffet (9), des têtes d'animaux malades de la tête, des têtes d'Auguste Comte, des têtes de Rouget de Lisle, des têtes de Sainte Thérèse, des têtes de fromage de tête, des têtes de pied, des têtes de monseigneur et des têtes de crémier.
Quelques-uns, pour faire rire le monde, portaient sur leurs épaules de charmants visages de veaux, et ces visages étaient si beaux et si tristes, avec les petites herbes vertes dans le creux des oreilles comme le goémon dans le creux des rochers, que personne ne les remarquait.
Une mère à tête de morte montrait en riant sa fille à tête d'orpheline au vieux diplomate ami de la famille qui s'était fait la tête de Soleilland (10).
C'était véritablement délicieusement charmant et d'un goűt si sűr que lorsque arriva le Président avec une somptueuse tête d'œuf de Colomb ce fut du délire.
"C'était simple, mais il fallait y penser", dit le Président en dépliant sa serviette et devant tant de malice et de simplicité les invités ne peuvent maîtriser leur émotion ; à travers des yeux cartonnés de crocodile un gros industriel verse de véritables larmes de joie, un plus petit mordille la table, de jolies femmes se frottent les seins très doucement et l'amiral, emporté par son enthousiasme, boit sa flűte de champagne par le mauvais côté, croque le pied de la flűte et, l'intestin perforé, meurt debout, cramponné au bastingage de sa chaise en criant : "Les enfants d'abord."
Étrange hasard, la femme du naufragé, sur les conseils de sa bonne, s'était, le matin même, confectionné une étonnante tête de veuve de guerre, avec les deux grands plis d'amertume de chaque côté de la bouche, et les deux petites poches de la douleur, grises sous les yeux bleus.
Dressée sur sa chaise, elle interpelle le président et réclame à grands cris l'allocation militaire et le droit de porter sur sa robe du soir le sextant du défunt en sautoir.
Un peu calmée elle laisse ensuite son regard de femme seule errer sur la table et voyant parmi les hors-d'œuvre des filets de harengs, elle en prend machinalement en sanglotant, puis en reprend, pensant à l'amiral qui n'en mangeait pas si souvent de son vivant et qui pourtant les aimait tant. Stop. C'est le chef du protocole qui dit qu'il faut s'arrêter de manger, car le président va parler.
Le président s'est levé, il a brisé le sommet de sa coquille avec son couteau pour avoir moins chaud, un tout petit peu moins chaud.
Il parle et le silence est tel qu'on entend les mouches voler et qu'on les entend si distinctement voler qu'on n'entend plus du tout le président parler, et c'est bien regrettable parce qu'il parle des mouches, précisément, et de leur incontestable utilité dans tous les domaines et dans le domaine colonial en particulier.
"...car sans les mouches, pas de chasse-mouches, sans chasse-mouches pas de Dey d'Alger, pas de consul... pas d'affront à venger (11), pas d'oliviers, pas d'Algérie, pas de grandes chaleurs, messieurs, et les grandes chaleurs, c'est la santé des voyageurs, d'ailleurs..."
Mais quand les mouches s'ennuient elles meurent, et toutes ces histoires d'autrefois, toutes ces statistiques les emplissant d'une profonde tristesse, elles commencent par lâcher une patte du plafond, puis l'autre, et tombent comme des mouches, dans les assiettes... sur les plastrons, mortes comme le dit la chanson.
"La plus noble conquête de l'homme, c'est le cheval, dit le président, et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là."
C'est la fin du discours ; comme une orange abîmée lancée très fort contre un mur par un gamin mal élevé, la MARSEILLAISE éclate et tous les spectateurs, éclaboussés par le vert-de-gris et les cuivres, se dressent congestionnés, ivres d'Histoire de France et de Pontet-Canet (12).
Tous sont debout, sauf l'homme à tête de Rouget de Lisle qui croit que c'est arrivé et qui trouve qu'après tout ce n'est pas si mal exécuté et puis, peu à peu, la musique s'est calmée et la mère à tête de morte en a profité pour pousser sa petite fille à tête d'orpheline du côté du président.
Les fleurs à la main, l'enfant commence son compliment "Monsieur le Président..." mais l'émotion, la chaleur, les mouches, voilà qu'elle chancelle et qu'elle tombe le visage dans les fleurs, les dents serrées comme un sécateur.
L'homme à tête de bandage herniaire et l'homme à tête de phlegmon se précipitent, et la petite est enlevée, autopsiée et reniée par sa mère, qui, trouvant sur le carnet de bal de l'enfant des dessins obscènes comme on n'en voit pas souvent, n'ose penser que c'est le diplomate ami de la famille et dont dépend la situation du père qui s'est amusé si légèrement.
Cachant le carnet dans sa robe, elle se pique le sein avec le petit crayon blanc et pousse un long hurlement, et sa douleur fait peine à voir à ceux qui pensent qu'assurément voilà bien là la douleur d'une mère qui vient de perdre son enfant.
Fière d'être regardée, elle se laisse aller, elle se laisse écouter, elle gémit, elle chante
"Où donc est-elle ma petite fille chérie, où donc est-elle ma petite Barbara qui donnait de l'herbe aux lapins et des lapins aux cobras !"
Mais le président, qui sans doute n'en est pas à son premier enfant perdu, fait un signe de la main et la fête continue.
Et ceux qui étaient venus pour vendre du charbon et du blé vendent du charbon et du blé et de grandes îles entourées d'eau de tous côtés, de grandes îles avec des arbres à pneus et des pianos métalliques bien stylés pour qu'on n'entende pas trop les cris des indigènes autour des plantations quand les colons facétieux essaient après dîner leur carabine à répétition (13).
Un oiseau sur l'épaule, un autre au fond du pantalon pour le faire rôtir, l'oiseau, un peu plus tard à la maison, les poètes vont et viennent dans tous les salons.
"C'est, dit l'un d'eux, réellement très réussi", mais dans un nuage de magnésium le chef du protocole est pris en flagrant délit, remuant une tasse de chocolat glacé avec une cuiller à café.
"Il n'y a pas de cuiller spéciale pour le chocolat glacé, c'est insensé, dit le préfet, on aurait dű y penser, le dentiste a bien son davier, le papier son coupe-papier et les radis roses leurs raviers."
Mais soudain tous de trembler car un homme avec une tête d'homme est entré, un homme que personne n'avait invité et qui pose doucement sur la table la tête de Louis XVI dans un panier.
C'est vraiment la grande horreur, les dents, les vieillards et les portes claquent de peur.
"Nous sommes perdus, nous avons décapité un serrurier", hurlent en glissant sur la rampe d'escalier les bourgeois de Calais dans leur chemise grise comme le cap Gris-Nez.
La grande horreur, le tumulte, le malaise, la fin des haricots, l'état de siège et dehors en grande tenue les mains noires sous les gants blancs, le factionnaire qui voit dans les ruisseaux du sang et sur sa tunique une punaise pense que ça va mal et qu'il faut s'en aller s'il en est encore temps.
"J'aurais voulu, dit l'homme en souriant, vous apporter aussi les restes de la famille impériale qui repose, paraît-il, au caveau Caucasien (14) rue Pigalle, mais les Cosaques qui pleurent, dansent et vendent à boire veillent jalousement leurs morts.
"On ne peut pas tout avoir, je ne suis pas Ruy Blas (15), je ne suis pas Cagliostro (16), je n'ai pas la boule de verre, je n'ai pas le marc de café. Je n'ai pas la barbe en ouate de ceux qui prophétisent. J'aime beaucoup rire en société, je parle ici pour les grabataires, je monologue pour les débardeurs, je phonographe pour les splendides idiots des boulevards extérieurs et c'est tout à fait par hasard si je vous rends visite dans votre petit intérieur.
"Premier qui dit : "Et ta sœur", est un homme mort. Personne ne le dit, il a tort, c'était pour rire.
"Il faut bien rire un peu et si vous vouliez, je vous emmènerais visiter la ville mais vous avez peur des voyages, vous savez ce que vous savez et que la Tour de Pise est penchée et que le vertige vous prend quand vous vous penchez vous aussi à la terrasse des cafés.
"Et pourtant vous vous seriez bien amusés, comme le président quand il descend dans la mine, comme Rodolphe au tapis-franc quand il va voir le chourineur (17) comme lorsque vous étiez enfant et qu'on vous emmenait au jardin des Plantes voir le grand tamanoir.
"Vous auriez pu voir les truands sans cour des miracles, les lépreux sans cliquette et les hommes sans chemise couchés sur les bancs, couchés pour un instant, car c'est défendu de rester là un peu longtemps.
"Vous auriez vu les hommes dans les asiles de nuit faire le signe de la croix pour avoir un lit, et les familles de huit enfants "qui crèchent à huit dans une chambre" et si vous aviez été sages vous auriez eu la chance et le plaisir de voir le père qui se lève parce qu'il a sa crise, la mère qui meurt doucement sur son dernier enfant, le reste de la famille qui s'enfuit en courant et qui pour échapper à sa misère tente de se frayer un chemin dans le sang.
"Il faut voir, vous dis-je, c'est passionnant, il faut voir à l'heure où le bon Pasteur conduit ses brebis à la Villette, à l'heure où le fils de famille jette avec un bruit mou sa gourme sur le trottoir, à l'heure où les enfants qui s'ennuient changent de lit dans leur dortoir, il faut voir l'homme couché dans son lit-cage à l'heure où son réveil va sonner.
"Regardez-le, écoutez-le ronfler, il rêve, il rêve qu'il part en voyage, rêve que tout va bien, rêve qu'il a un coin, mais l'aiguille du réveil rencontre celle du train et l'homme levé plonge la tête dans la cuvette d'eau glacée si c'est l'hiver, fétide si c'est l'été.
"Regardez-le se dépêcher, boire son café-crème, entrer à l'usine, travailler, mais il n'est pas encore réveillé, le réveil n'a pas sonné assez fort, le café n'était pas assez fort, il rêve encore, rêve qu'il est en voyage, rêve qu'il a un coin, se penche par la portière et tombe dans un jardin, tombe dans un cimetière, se réveille et crie comme une bête, deux doigts lui manquent, la machine l'a mordu, il n'était pas là pour rêver et comme vous pensez ça devait arriver.
"Vous pensez même que ça n'arrive pas souvent et qu'une hirondelle ne fait pas le printemps, vous pensez qu'un tremblement de terre en Nouvelle-Guinée n'empêche pas la vigne de pousser en France, les fromages de se faire et la terre de tourner.
"Mais je ne vous ai pas demandé de penser ; je vous ai dit de regarder, d'écouter, pour vous habituer, pour n'être pas surpris d'entendre craquer vos billards le jour où les vrais éléphants viendront reprendre leur ivoire.
"Car cette tête si peu vivante que vous remuez sous le carton mort, cette tête blême sous le carton drôle, cette tête avec toutes ses rides, toutes ses grimaces instruites, un jour vous la hocherez avec un air détaché du tronc et quand elle tombera dans la sciure vous ne direz ni oui ni non.
"Et si ce n'est pas vous ce sera quelques-uns des vôtres, car vous connaissez les fables avec vos bergers et vos chiens, et ce n'est pas la vaisselle cérébrale qui vous manque.
"Je plaisante, mais vous savez, comme dit l'autre, un rien suffit à changer le cours des choses. Un peu de fulmi-coton dans l'oreille d'un monarque malade et le monarque explose. La reine accourt à son chevet. Il n'y a pas de chevet. Il n'y a plus de palais. Tout est plutôt ruine et deuil (18). La reine sent sa raison sombrer. Pour la réconforter, un inconnu avec un bon sourire, lui donne le mauvais café. La reine en prend, la reine en meurt et les valets collent des étiquettes sur les bagages des enfants. L'homme au bon sourire revient, ouvre la plus grande malle, pousse les petits princes dedans, met le cadenas à la malle, la malle à la consigne et se retire en se frottant les mains.
"Et quand je dis, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs : "le Roi, la Reine, les petits princes", c'est pour envelopper les choses, car on ne peut pas raisonnablement blâmer les régicides qui n'ont pas de roi sous la main, s'ils exercent parfois leurs dons dans leur entourage immédiat.
"Particulièrement parmi ceux qui pensent qu'une poignée de riz suffit à nourrir toute une famille de Chinois pendant de longues années.
"Parmi celles qui ricanent dans les expositions parce qu'une femme noire porte dans son dos un enfant noir et qui portent depuis six ou sept mois dans leur ventre blanc un enfant blanc et mort.
"Parmi les trente mille personnes raisonnables composées d'une âme et d'un corps, qui défilèrent le Six Mars à Bruxelles, musique militaire en tête, devant le monument élevé au Pigeon-Soldat (19) et parmi celles qui défileront demain à Brive-la-Gaillarde, à Rosa-la-Rose ou à Carpa-la Juive (20) devant le monument du jeune et veau marin qui périt à la guerre comme tout un chacun."
Mais une carafe lancée de loin par un colombophile indigné touche en plein front l'homme qui racontait comment il aimait rire. Il tombe, le Pigeon-Soldat est vengé. Les cartonnés officiels écrasent la tête de l'homme à coups de pied et la jeune fille qui trempe en souvenir le bout de son ombrelle dans le sang (21) éclate d'un petit rire charmant, la musique reprend.
La tête de l'homme est rouge comme une tomate trop rouge, au bout d'un nerf un œil pend, mais sur le visage démoli, l'œil vivant, le gauche, brille comme une lanterne sur des ruines.
"Emportez-le", dit le Président, et l'homme couché sur une civière et le visage caché par une pèlerine d'agent sort de l'Élysée horizontalement, un homme derrière lui, un autre devant.
"Il faut bien rire un peu", dit-il au factionnaire et le factionnaire le regarde passer avec ce regard figé qu'ont parfois les bons vivants devant les mauvais.
Découpée dans le rideau de fer de la pharmacie une étoile de lumière brille et comme des rois mages en mal d'enfant jésus, les garçons bouchers, les marchands d'édredons (22) et tous les hommes de cœur contemplent l'étoile qui leur dit que l'homme est à l'intérieur, qu'il n'est pas tout à fait mort, qu'on est en train peut-être de le soigner et tous attendent qu'il sorte avec l'espoir de l'achever.
Ils attendent, et bientôt, à quatre pattes à cause de la trop petite ouverture du rideau de fer, le juge d'instruction pénètre dans la boutique, le pharmacien l'aide à se relever et lui montre l'homme mort, la tête appuyée sur le pèse-bébé.
Et le juge se demande, et le pharmacien regarde le juge se demander si ce n'est pas le même homme qui jeta des confettis sur le corbillard du maréchal et qui jadis, plaça la machine infernale sur le chemin du petit caporal (23).
Et puis ils parlent de leurs petites affaires, de leurs enfants, de leurs bronches ; le jour se lève, on tire les rideaux chez le Président.
Dehors, c'est le printemps, les animaux, les fleurs, dans les bois de Clamart on entend les clameurs des enfants qui se marrent, c'est le printemps, l'aiguille s'affole dans sa boussole, le binocard entre au bocard (24) et la grande dolichocéphale sur son sofa s'affale et fait la folle.
Il fait chaud. Amoureuses les allumettes tisons se vautrent sur leur frottoir, c'est le printemps, l'acné des collégiens et voilà la fille du sultan et le dompteur de mandragores, voilà les pélicans, les fleurs sur les balcons, voilà les arrosoirs, c'est la belle saison.
Le soleil brille pour tout le monde, il ne brille pas dans les prisons, il ne brille pas pour ceux qui travaillent dans la mine,
ceux qui écaillent le poisson
ceux qui mangent la mauvaise viande
ceux qui fabriquent les épingles à cheveux
ceux qui soufflent vides les bouteilles que d'autres boiront pleines
ceux qui coupent le pain avec leur couteau ceux qui passent leurs vacances dans les usines ceux qui ne savent pas ce qu'il faut dire
ceux qui traient les vaches et ne boivent pas le lait ceux qu'on n'endort pas chez le dentiste ceux qui crachent leurs poumons dans le métro
ceux qui fabriquent dans les caves les Stylos avec lesquels d'autres écriront en plein air que tout va pour le mieux
ceux qui en ont trop à dire pour pouvoir le dire ceux qui ont du travail
ceux qui n'en ont pas ceux qui en cherchent
ceux qui n'en cherchent pas
ceux qui donnent à boire aux chevaux ceux qui regardent leur chien mourir
ceux qui ont le pain quotidien relativement hebdomadaire
ceux qui l'hiver se chauffent dans les églises ceux que le suisse envoie se chauffer dehors ceux qui croupissent
ceux qui voudraient manger pour vivre ceux qui voyagent sous les roues ceux qui regardent la Seine couler
ceux qu'on engage, qu'on remercie, qu'on augmente, qu'on diminue, qu'on manipule, qu'on fouille, qu'on assomme
ceux dont on prend les empreintes
ceux qu'on fait sortir des rangs au hasard et qu'on fusille ceux qu'on fait défiler devant l'arc ceux qui ne savent pas se tenir dans le monde entier
ceux qui n'ont jamais vu la mer
ceux qui sentent le lin parce qu'ils travaillent le lin ceux qui n'ont pas l'eau courante ceux qui sont voués au bleu horizon (25)
ceux qui jettent le sel sur la neige moyennant un salaire absolument dérisoire
ceux qui vieillissent plus vite que les autres
ceux qui ne se sont pas baissés pour ramasser l'épingle (26) ceux qui crèvent d'ennui le dimanche après-midi parce qu'ils voient venir le lundi et le mardi, et le mercredi, et le jeudi, et le vendredi, et le samedi et le dimanche après-midi (27).

Notes
1. Le jeu sur l'homophonie croient-croa s'appuie sur la métaphore argotique qui désigne les prêtres comme des "corbeaux", sans doute à cause de la couleur noire des soutanes, que portaient les curés, semblable au plumage de l'oiseau en question. A son grand amusement, Prévert s'apercevra, quelques années après la publication du "Dîner de têtes" dans Commerce, que son texte voisinait avec un texte de Claudel (voir la notule, p. 1012) où on pouvait lire : "Les corbeaux seuls restent mes amis" (voir l'entretien de Prévert avec Pierre Ajame, Les Nouvelles littéraires, 23 février 1967.)
2. Le Personnage d'Andromaque, sur le nom de laquelle est bâti le néologisme, n'est probablement ni celui qui apparaît dans l'Énéide de Virgile ni celui de la pièce d'Euripide (auteurs qu'à notre connaissance Prévert ne cite jamais), mais plutôt celui de la tragédie de Racine. Nous ne pensons pas, cependant, que ce soit l'héroïne elle-même qui soit ici mise en question comme semble le croire Christiane Mortelier (Paroles de Jacques Prévert, "Lire aujourd'hui", Librairie Hachette, 1976), qui commente le mot en disant qu'a Andromaque représente la mère qui se sacrifie avec ostentation" (la définition du personnage nous paraît d'ailleurs inexacte). Si c'était son aspect de veuve éplorée ou même son abnégation de mère, ostentatoire ou pas, qui était visé par Prévert, il aurait écrit : a Celles qui andromaquent". En fait, Prévert n'aime pas beaucoup la littérature classique du XVIIe siècle - il préfère l'époque baroque - et c'est avant tout à un Style et à un genre qu'il s'en prend. "Ceux qui andromaquent" sont plutôt, à notre avis, ceux qui se pâment devant les tragédies classiques, et plus largement ceux qui suivent les règles imposées au lieu de se révolter contre elles, ceux qu'il juge timorés dans l'expression, ceux qui se donnent du "Monsieur" e1 du "Madame" et qui cachent leur férocité sous une apparence de civilité. Dans Les Enfants du paradis, Prévert opposera le romantisme d'un Frédérick Lemaître et même de l'assassin Lacenaire au classicisme étroit d'aristocrates comme Edouard de Montray, que dégoűte Shakespeare et qui ne jurent que par la tragédie.
3. "Ceux qui n'ont peur de rien". Néologisme fabriqué d'après le nom d'un cuirassé anglais, le Dreadnought (l'Intrépide) lancé en 1905 et qui fut ensuite imité par de nombreux pays. Commerce et les éditions de 1945 et de 1947 donnaient "dreadnougtent". L'omission du h étant vraisemblablement involontaire, nous le rétablissons suivant la leçon de l'édition de 1956.
4. "Faire les honneurs du pied" signifie, en terme de vénerie, apporter à la personne qu'on veut honorer le pied avant droit de l'animal qui vient d'être tué.
5. "Debout les morts !" aurait été crié par l'adjudant Péricard le 8 avril 1915 dans une tranchée du Bois-Brűlé, au sud de Saint-Mihiel. C'est beaucoup plus à Maurice Barrès, pense jean Norton Cru, qu'à Péricard lui-même que l'on doit la célébrité de cet épisode. Barrès, dans un article du 18 novembre 1915 qui servit de préface à un livre de Péricard, rapporte en effet ces mots devenus légendaires. Dans Debout les morts ! paru en juin 1918 chez Payot, Péricard raconte à son tour l'anecdote, mais commente surtout l'article de Barrès. J. Norton Cru doute de l'authenticité de cette histoire (voir Jean Norton Cru, Témoins, "Les étincelles", 1929, p. 378)
6. Contraction de l'ordre militaire "Baïonnette au canon !", à la manière des adjudants et autres gradés qui le hurlent aux soldats.
7. Premier trait d'ironie de Prévert à l'égard de La Fontaine, auquel il se référera très souvent dans Paroles, mais aussi dans ses recueils suivants. La leçon donnée par le fabuliste dans "Le Singe et le Dauphin" (IV, 7) avait de quoi lui déplaire : un dauphin entreprend de sauver les naufragés d'un bateau coulé au large d'Athènes. Un instant il confond un singe avec un homme mais, lorsqu'il l'interroge sur le Pirée, le singe répond : "il est mon ami". Le dauphin s'aperçoit alors de son erreur et replonge le singe au fond de l'eau puisqu'il n'est "qu'une bête" (voir La Fontaine, Œuvres complètes, Bibl. de la Pléiade, t. I, p. 149). Contrairement au fabuliste qui se place nettement du côté du dauphin, Prévert, lui, prend le parti de la victime et incite le lecteur à remettre en question la morale de la fable. Ceux qui n'ont pas la naïveté du singe, ceux qui ne sont pas dupes, sont aussi ceux qui savent duper les autres et ceux qui considèrent qu'il y a des êtres inférieurs.
8. Les ailes de géant de l'oiseau allégorique du poète chez Baudelaire l'empêchent non pas de a voler" mais de "marcher" (voir Les Fleurs du mal, "L'Albatros", v. 16, Œuvres complètes, Bibl. de la Pléiade, t. I, p. 10). Prévert attaque ceux qui, bouffis d'orgueil et imbus d'eux-mêmes, ne sont pas capables de rêver.
9. La répression impitoyable de la Commune qu'exerça Gaston de Galliffet (1830-1909) en mars 1871 lui valut une sanglante renommée. Il fut ministre de la Guerre au moment de l'affaire Dreyfus (1899), mais fut remplacé dès 1900 par le général André.
10. Albert Soleilland avait violé et assassiné en 1907 sa petite voisine, Marthe Eberling. Il dut de n'être pas guillotiné à la grâce qui lui fut accordée par le président Fallières, et il mourut au bagne en 1920. On comprendra plus loin (p. 6) pourquoi le vieux diplomate s'est fait la tête de cet individu.
11. Prévert fait allusion à l'incident survenu le 29 avril 1827 à Alger et qui servit de prétexte à la France pour conquérir l'Algérie, mais aussi aux discussions que, plus d'un siècle après, l'incident provoqua. En ?29-1930, en effet, on préparait les fêtes du centenaire de la conquête e l'Algérie et de nombreux articles tentèrent d'expliquer les causes de l'action de la France en 1830. Le dey Hussein, qui avait pris le pouvoir en 1818, réclamait au gouvernement français une dette datant du Directoire. Le consul Deval étant venu lui faire le compliment d'usage la veille des fêtes mahométanes, le dey, irrité de n'avoir pas reçu de réponse des autorités françaises, l'en accusa. Il se leva de son siège et avec le manche de son chasse-mouches frappa Deval de trois coups violents. Les articles écrits en 1929 et 1930 relatent l'incident de différentes manières, certains doutant des coups qui auraient été portés par le chasse-mouches, d'autres au contraire essayant de prouver l'existence de l'ustensile...
12. Le Château Pontet-Canet est un grand cru de Pauillac.
13. Les sentiments anticolonialistes sont particulièrement exacerbés en cette année 1931 où est organisée à Vincennes, à grands renforts de publicité, une Exposition coloniale, inaugurée le 6 mai par le président Doumergue. Les surréalistes (que Prévert a quittés en 1930) publient deux tracs contre cette exposition. Le premier, intitulé "Ne visitez pas l'Exposition coloniale", dénonce les horreurs commises par les colons et appelle à l'évacuation des colonies ; le second : "Premier bilan de l'Exposition coloniale", déplore qu'un incendie ait détruit des chefs-d'œuvre arrachés par la force aux peuples opprimés et ironise sur le déficit de l'exposition.
14. Cabaret des années 5930 qui se trouvait 54, rue Pigalle.
15. Si cet "homme à tête d'homme" n'est pas Ruy Blas, bien qu'il soit un peu dans la situation du personnage de Hugo apostrophant les ministres ("Bon appétit, messieurs..."), c'est peut-être parce que son langage se veut plus simple, moins métaphorique, mais aussi parce qu'à la différence de Ruy Blas il n'est pas en position de force (Ruy Blas est premier ministre) et, plus subtilement encore, parce qu'à la différence de celui-ci il ne porte pas de masque (Ruy Blas, homme du peuple, passe pour un grand seigneur, don César de Bazan).
16. Médecin italien apprécié à la cour de Louis XVI pour ses talents de guérisseur et sa pratique des sciences occultes. Il fut compromis dans l'affaire du Collier. Joseph Balsamo, alias comte de Cagliostro (1743-1795), inspira à Alexandre Dumas un de ses cycles romanesques.
17. C'est par la définition du mot "tapis-franc" que débute Les Mystères de Paria d'Eugène Sue : "Un tapis franc, en argot de vol et de meurtre, signifie un estaminet ou un cabaret du plus bas étage." Un "chourineur" est également défini un peu plus loin par Sue comme "un donneur de coups de couteau". Dans le premier chapitre du roman, un homme prénommé Rodolphe se rend dans les bas-fonds de Paris où il fait la connaissance d'une pauvre enfant, Fleur-de-Marie, et d'un criminel surnommé le Chourineur. Après une rencontre plutôt houleuse - Rodolphe donne une correction au Chourineur qui maltraitait la jeune fille -, les trois personnages sympathisent et vont souper ensemble dans un "tapis-franc". En réalité, Rodolphe est un grand duc allemand déguisé en ouvrier. En expiation d'une faute ancienne, il se rend dans les quartiers louches pour venir en aide aux misérables, sauver des âmes et défendre les faibles.
18. Quasi-citation de Victor Hugo : "Les Turcs ont passé là : tout est ruine et deuil" ("L'Enfant", Les Orientales, XVIII ; Œuvres poétiques, Bibl. de la Pléiade, t. I, p. 637).
19. C'est en fait le 8 mars 1931 (et non le 6) qu'eut lieu à Bruxelles une importante manifestation en l'honneur des vingt mille colombophiles morts à la guerre et des pigeons-soldats. Pour la circonstance, associations de colombophiles, anciens combattants, personnalités diverses s'étaient rendues à Bruxelles. Le 7 mars, à 19 heures, eut lieu un dîner (qui devait ressembler à celui que décrit Prévert) au terme duquel, nous indique Le Soir du 9 mars, une personnalité "prononça un discours très remarquable auquel répondirent d'autres messieurs très distingués". Comme "ceux qui copieusement" sont souvent "ceux qui pieusement", le lendemain matin toutes les délégations se rendirent sur la tombe du soldat inconnu. Un colonel, parlant au nom de la Défense nationale, remercia les organisateurs pour ce "pieux hommage". C'est bien "musique militaire en tête" que le cortège se rendit ensuite devant le monument élevé au Pigeon-Soldat. Le mémorial, œuvre du sculpteur Voets, représentait "une femme debout accueillant, sur sa main droite tendue une colombe annonciatrice de paix". A plusieurs reprises il fut rendu hommage au colonel Rampal, présent à la cérémonie, pour son héroïsme à défendre le fort de Vaux (arrondissement de Verdun), dont le nom n'est peut-être pas étranger au jeu de mots qui suit sur le "jeune et veau marin", d'autant plus que les pigeons jouèrent un rôle important dans la défense du fort (l'un d'eux fut même décoré de la Croix de guerre française !). Les veaux marins sont des phoques qui vivent cachés dans des grottes. On les appelle aussi des phoques moines, ce qui ne peut que faciliter, dans l'esprit de Prévert, leur association avec les pigeons-soldats.
20. Prévert invente une localité à partir d'une recette de cuisine célèbre, la "carpe à la juive".
21. Prévert se souvient peut-être d'un passage du film d'Eisenstein, Octobre (1927). Un ouvrier qui participe à une manifestation veut sauver un étendard déchiqueté, symbole de la révolte. Il aperçoit un couple : un officier et une jeune femme qui joue avec une ombrelle. L'officier se jette avec rage sur l'ouvrier tandis que la jeune femme essaie de préserver son ombrelle. D'autres bourgeois viennent aider l'officier à taper sur l'ouvrier et la jeune femme regarde le spectacle en souriant. L'ouvrier sera piétiné par des bourgeoises hystériques se servant du manche de leur ombrelle comme d'une arme. - Le poète, qui a promené Eisenstein dans Paris pendant le séjour du cinéaste dans la capitale fin 1929-début 1930, pourrait ainsi lui rendre un discret hommage.
22. Ceux qui vendent de la viande et des édredons (dont le duvet est fourni par des plumes d'oiseaux) ont en commun d'être des exploiteurs du genre animal.
23. Cet amalgame qui consiste - sans souci de l'anachronisme et de la disproportion des crimes - à imputer au même homme la responsabilité de la meurtrière machine infernale lancée contre Bonaparte le 24 décembre 1800, qui fit vingt-deux morts en explosant, et une manifestation inoffensive et toute récente (on peut en effet supposer que des confettis aient été jetés sur le corbillard du maréchal Joffre, mort le 3 janvier 1931), rappelle dans une certaine mesure celui qu'opéra le premier consul lui-même au lendemain de l'attentat : profitant d'une campagne de presse qui accusait un sans-culotte et malgré les résultats de l'enquête, qui mettaient en cause des émigrés royalistes, il attribua le complot à des jacobins pour se débarrasser d'eux.
24. La graphie binocard est une altération populaire de binoclard. - En argot, “bocard" désigne un mauvais lieu.
25. Couleur de l'uniforme des soldats français de l'époque.
26. On a longtemps raconté que le financier Jacques Lafitte (1767-1844) se serait présenté, à ses débuts, chez un grand banquier de Paris pour lui demander du travail. Éconduit, il aurait ramassé une épingle dans la cour du banquier et celui-ci, impressionné par le sens de l'économie du jeune homme, l'aurait alors engagé. En publiant en 1932 les Mémoires de Lafitte, Paul Duchon révélera au public qu'il s'agissait d'une légende c'est le patron de Lafitte qui l'avait envoyé chez le banquier en le recommandant chaudement.
27. Andrée Bergens (Jacques Prévert, "Classiques du XXe siècle", Editions universitaire, 1969) fait remarquer que ce thème de la monotonie quotidienne est évoqué de façon similaire par des écrivains contemporains de Prévert : "Mais cette oscillation n'était qu'une apparence ; en réalité le plus court chemin d'un labeur à un sommeil, d'une souffrance à une mort. Depuis des années, ce même instant se répétait identique chaque jour, samedi dimanche et jours de fête exceptés" (Raymond Queneau, Le Chiendent, Gallimard, 1933). - "Quand on vit, il n'arrive rien. Les décors changent, les gens entrent et sortent... Il n'y a jamais de commencements. Les jours s'ajoutent aux jours sans rime ni raison, c'est une addition interminable et monotone des heures et des jours. Lundi, mardi, mercredi. Avril, mai, juin" (Jean-Paul Sartre, La Nausée, Gallimard, 1938). - "Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d'usine, repas, tramway, quatre heures de travail, repas, sommeil et lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi sur le même rythme..." (Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe, Gallimard, 1942.) Le texte de Prévert, notons-le, est le plus ancien



Kísérlet egy maszkabállal egybekötött díszvacsora leírására (Magyar)


Aki nagyon jámboron...
Aki nagyon jó boron...
Aki nemzetszínlel
Aki avatottan avat fel
Aki hisz
Aki picit hisz
Aki hiszi-a-piszi
Aki kopaszt és tollaskodik
Aki kicsi de jó halakat fog
Aki hitvesileg mintaszerű
Aki csatacirkál
Aki nagybetűzget
Aki karénekel
Aki bekenőkefélget
Aki pocakot ereszt
Aki szemlesütve jár
Aki példásan szeleteli a sültcsirkét
Aki belül-kopasz fejjel lépked
Aki megáldja a kutyafalkát
Aki bokából tiszteleg
Aki talpra halott hí a haza
Aki szuronyt ...gezz
Aki ágyút ad a gyerekeknek
Aki gyerekeket ad az ágyúknak
Aki száz lábbal kél át a vizeken
Aki nem téveszti össze az allegóriát a filagóriával
Aki megbotlik óriás két szárnyában ha lép
Aki álmában üvegcserepet dugdos a Kínai Nagy Fal tetejébe
Aki farkas-álarcot tesz fel báránypörköltevéshez
Aki tojást csór de nem meri megsütni
Aki négyezernyolcszáztíz méter Mont-Blanc-t, háromszáztíz méter Eiffel-tornyot s huszonöt centiméter mellbőséget mutat fel, méghozzá büszkén
Aki enyém az ország a hatalom és a dicsőség
Aki megy, fut, rohan és értünk bosszút áll, ezek meg sokan mások fennen bevonultak, nagy kavics-nyiszorgatás közepett, az Élysée-palotába, mind ott tipródott, ott tülekedett, mert maszkabállal egybekötött díszvacsora rendeztetett, s ki minek óhajtott öltözni, annak öltözhetett.
Emez itt borostyánból jópipa-arcot vágott magának, amaz angol-tengernagy-képpel feszít; volt ott bűzlabdacs-maszka, főosztály-fő, fejbeteg lábasjószág-fő, azafő-amiafazékban-fő, egypár Rouget de Lisle nemzeti himnuszszerző maskara, egypár mártír Szent Terézia és lábas-fejű, fejsajt- és fejadag-maszkák, itt-ott egy törzsfő, kútfő.
Némelyek, mulattatásként, angyali borjúkoponyát akasztottak a nyakukba, s szelíd-szomorú szempillájuk meg a fül-lukon kikandikáló édes moha-pamat miatt fel se tűntek senkinek.
Egy halálfej-mama kacagva mutatta árvalánynak álcázott csemetéjét a család régi diplomata-barátjának, aki a Hasfelmetsző Jack maszkját viselte.
Mindez igen édes-bájos-aranyos volt, és olyannyira ízlésesnek mondható, hogy midőn az Elnök Úr is megjelent, ritka-szép Kolombusz-Tojása-fővel a nyakában, méltán tört ki az ováció.
,,Pofonegyszerű volt, pofonegyszerű igazán", szól az Elnök Úr, asztalkendőjét kibontván, nos, ennyi elmeéllel párosult egyszerűség láttán egy részvevő sem uralkodhat megindultságán; krokodilmaszk papírmasé szemrésein igaz örömkönnyet perdít ki egy nagyiparos, egy másik, kisebb, az abroszt rágja, szépasszonyok a keblüket dörzsölgetik lágyan, s a lelkesedésbe belelovalt tengernagy rosszfelén hajtja fel pezsgőspoharát, foga elroppantja a kehely talpát, s ő, széke mellvédjébe kapaszkodván, átfúr bélrendszerével ott pusztul el a posztján, így fohászkodva: ,,Előbb a gyermeket a mentőcsónakba!"
Különös véletlen: a hajótöröttné ma délelőtt a komornája tanácsára hadiözvegynek öltözött, nagy keserű árkok a szájsarkába, apró szürke könnyzacskók a szemaljába.
Székére pattan s harsogva követeli az Elnök Úrtól a hadisegélyt, meg hogy a megboldogult tengeri mérőműszereiből néhányat ruhájára varrhasson, hadd mutassa az a pár műszer-elem, amit ő érez, nem mű-szerelem.
Ezután kissé lecsillapodva végighordozza magános-nő-tekintetét az asztalon, meglátja a hering-salátát, látja, hogy itt az alkalom, megrakja vele a tányérját, gépiesen, és persze, zokogva, hej elesett szerelmem, te remek ellentenger-mester, beh szeretted eme kellemesen erjesztett csemege-lebenyeket. Állj! A protokollfőnök szólt, hogy nem szabad tovább enni, beszélni fog az Elnök Úr, azt kell figyelni.
Az Elnök Úr felállt, betörte tojáshéjának a csúcsát a kanalával, hogy ne legyen annyira melege, olyan kibírhatatlan melege.
Beszélni kezd, s oly nagy a csend, hogy a légy röptét is hallani, sőt oly élesen hallani, hogy az Elnök Úr beszédét már nem is érteni, nagyon sajnálatos pedig, mert légyről beszélt, éppen a légyről, a légy vitathatatlanul hasznos szerepéről a különböző területeken s a gyarmati területeken különösen.
,,...Ha légy nincs ugyanis, akkor nincs légycsapó, ha nincs légycsapó, akkor se algíri tartományfőnök, se konzul, se megtorlandó kihívások, se olajligetek, se Algéria, se kánikula, uraim, pedig a kánikula, az a kirándulók kábulata, etcetera, etcetera..."
Csakhogy ha a légy egyszer elunja magát, hát monológba kezd, légy vagy ne légy, s mivel a sok ásatag eset, a sok idétlen adat miatt elvész minden remény, hát önlábukkal véget vetnek életüknek, a plafon eleresztik s hullani kezdenek, bele a tányérba, az inggallérokba, mint a legyek, ahogy a nóta mondja.
,,Az emberiség legnagyszerűbb vívmány a ló, mondja az Elnök Úr, s ha már mind kipusztult, én még akkor is az leszek."
Véget ért a beszéd; mint neveletlen kamaszkézzel falhozvert, rohadt narancs leve, úgy loccsan elő a MARSEILLAISE hangtömege, s a csukaszürkével meg a rezes felhangokkal leöntött hallgatóság felugrik, vörös nyakkal és részegen, dobol bennük a Francia Történelem.
Mindenki áll, kivéve a Rouget de Lisle-fejű maszkát, aki merőn szorítja az asztal lapját, s azt gondolja, most vagy soha, meg hogyha meggondoljuk, nem is játszik oly hamisan a zongora, aztán szép lassan alábbhagy a zene, s a halálfej-maszkos anya keze előrenyúlik, előtuszkolja árvalány-álarcos leánykáját, az Elnök Úrig.
A gyermek megmarkolja a bokrétáját, nyitja a száját, elkezdi a mondókáját: ,,Mélyen tisztelt elnök úr..." Hanem az izgalom, a nagy meleg, a sok légy... elég az hozzá, meginog, előregurul, arccal a virágra, s állkapcája összeszorul, mint a kertészolló két szára.
A sérvkötő- meg a kelésfejű ember odarohan, a kicsikét azonnal elviszik, felboncolják és kitagadják, az anyja, aki ritka-malac rajzokat talált a gyermek táncrendjén, az tagadja ki, még csak gondolni sem mervén arra, hogy a rajzocskákat, akitől a papa állása függ, a család jó barátja, a diplomata firkálta volna a papírra.
A táncrendet ruhakivágásába rejti, de keblét felsérti a ceruzácskával, s akik most hosszan hullámzó rémsikolyát hallják, magukban nyilván meghatottan gondolják: lám ez az anya mivé lett, szeme láttára foszlott semmivé egy gyermekélet.
Büszke rá, hogy ő a társaság központja, elengedi hát magát, összeszedi s kiereszti a hangját, úgy énekli: ,,Hol vagy haj szerelmetes lányom Barbara akitől annyi füvecskét kapott a nyuszika és annyi nyuszikát a vipera?"
De az Elnök Úr, aki nyilván nem mai gyerek a gyermek-elvesztésben, csak int, s a zene felcsendül megint.
S aki szenet meg búzát eladni jött ide, szenet meg búzát ad el meg vízzel körülvett nagy szigeteket nagy autógumifákkal meg tetszetős kivitelű gépzongorákkal, hogy a sláger elnyomja kissé a bennszülöttek sikolyát, midőn a tréfás kedvű ültetvényesek ebéd után ismétlőfegyver-kipróbálásra térnek át.
A gyomrukban egy evőkanál nyugtatóorvossággal, a nadrágzsebükben három evőkanállal a költők teremről teremre járnak, s hogy zsákmányukat hazavihessék, műértő kedvvel bírálják meg az estélyt.
,,Igazán kifogástalan, igazán remek rendezés", mondja egyikük. Csakhogy a feltörő magnéziumfényben tetten érik a protokollfőnököt, amint éppen kávéskanalat forgat a parfé szívében.
,,Nincs külön parfékanál, ostobaság, mondja a rendőrkapitány, eszközben nincs hiány, a fogorvosnak ott a fogója, a hordónak a maga dugója, az újszülötthöz ott a gólya, a motorhoz a kipufogója."
Hanem egyszerre érzékdermesztő jelenet, egy meg nem hívott ember megjelent, egy emberfej van nála, XVI. Lajos feje, azt kiteszi csendesen az asztalra, az egyik kenyérkosárba. Borzalmas általános reszketés, a kocsonyában felcsörren a köröm, a nyúlpástétomban a sörét, a zsebben az aprópénz, a fogsorban az idegen anyag.
,,Végünk van, lakatost fejeztünk le, sipítják a calais-i polgárok, nem királyt, még csak nem is grófot", s lesiklanak a korláton, szürke ingben, mint a calais-i Szürkeorr-fok.
Rémület, zsivaj, kín, feszélyezettség, szellemvasút és ostromállapot, kinn pedig ott áll a díszruhás fekete-kéz, fehérkesztyűsen: az őrszem, aki egyszerre vérszemet kap, mert vért lát a járdán, poloskát talál az atilláján, baj van, gondolja, az én posztom a szélső, hajaj, gyerünk innen, ha még nem késő.
,,Elhoztam volna szívesen, mondja mosolyogva az idegen, a fenséges család többi tagját is, állítólag a Kaukázus-pincében nyugszik, a Pigalle utcában, de a sírva-vigadó, szesz-árusító kozákság féltékeny kegyelettel függ halottain.
Nem vagyok Királykisasszony lovagja, sem Cagliostro, jövendőmondó üveggömböm sincs, kávéüledékből se jósolok. Hiányzik belőlem a próféták vattaszakálla. Szeretem, ha derűt fakaszthatok társaságomban, hát szóval tartom az ágyban fekvő betegeket, magánszámot nyújtok a szállítóknak, kimegyek a pompás idiótáknak hangszórózni a külső körutakra, s ma puszta véletlen, hogy idevetődöm a bensőséges szalonokba. Aki elsőnek azt mondja: bikkmakk, halálfia. Senki se szól, kár nem szólnia, tréfáltam.
Kell az a tréfa néha, kell az a jókedv, elvinném magukat egy kis városnézésre, de maguk félnek utazni, tudják, amit tudnak, a pisai torony ferde, s a ferdesége az embert meggyalázza, egy ferde pillantás a teraszon, s már be sem mennek a kávéházba.
Jól mulatnának pedig, mint Elnök Úr, ha megnézi a bányát, mint az álruhás nagyherceg, ha késelést lát, vagy mint mikor gyermekkorukban Állatkertben voltak megtekinteni az új gorillát.
Láthatták volna a sok lovatlan kóborlovagot, csengettyűtlen-leprást, inghíjas boldog-embert, amint kéjes-kínos mosollyal odafekszik a padra, persze csak néhány pillanatra, padon elidőzni tilos.
Láthatták volna, hogyan vet az ember keresztet az éjjeli menedékhelyen, hogy megkapja a priccset, s milyen tökéletesen pászol a szobához s benne a nyolcgyermekes családhoz a ,,nyolcszemélyes jászol", s aki jól viselkedik, egy kis szerencsével még azt is végignézhette volna, hogyan kél fel az apa, mert jön a rohama, legkisebb kisdedén hogyan hal meg halkan a mama, hanyatt-homlok hogyan rohan szét a többi családtag, s hogy a nyomor csöbréből kimásszék, mekkora hévvel tör utat a bűn vödréhez magának.
Higgyék el, látni kell, igazán nagyszerű, hajnal-órán, amikor a Jó Pásztor hű juhait a vágóhídra vezeti, hajnal-órán, amikor a kedvenc kapatosan hazatér a jó-családba, ahonnan este elment, hajnal-órán, mikor a hálóteremre az unalom rátelepszik s a tanuló ágyszomszédjához fekszik, hajnal-órán, mikor a fekvőketrecben elnyúlt ember keltőórája mindjárt rárebben a beállított órára .
Lám csak, ott fekszik, hallga, mint horkol, alszik és álmodik, azt álmodj, hogy elutazik, azt álmodja, hogy minden a legnagyobb rendben, ablak mellett az ülés, légvonat nincsen, csakhogy a vasúti váltó átvált az óracsengőre, emberünk gépiesen felkél, lép egyet, lavorba mártja fejét, jegesvizes lavorba, télen; nyáron mocsárszagot-hagyóba.
Lám csak, hogyan iparkodik, gyorsan tejeskávét iszik, gyorsan bent van a gyárban, máris dolgozik, csak bizony még most is alszik, az ébresztőóra túl halkan szólt, a kávé túl gyenge volt, még álmodik, azt álmodja, hogy elutazik, ablak-ülése van megint, a kocsiajtó most kihajol és kiesik, egy kertbe esett, egy sírba hullott, felébred s velőtrázó sikoltást hallat, két ujja odalett, leharapta a gép, minek álmodozik, aki ébren-álmodozik, olyannal nyilván minden megesik.
Vagy inkább mondjuk azt: nem is oly gyakran esik meg az ilyesmi, egy fecske nem csinál nyarat, nyilván ha reng a föld Új-Guineában, attól még áll a szőlőtőke Franciában, továbbérnek a sajtok, a borok, továbbperdül a kocka, a föld továbbforog.
De hát mit törjék ilyesmin a fejüket; maguknak most csak az a dolguk: nézni, figyelni, szép lassan beleszokni, hogy aztán ne legyen meglepetés, ha felnyög a biliárdgolyó az asztalon, amikor érte jön a sok valódi elefánt egy napon.
Mert az-az alig élő fő, melyet a holt karton alatt fintorgattok, kitanult, rugórajáró arcizmokkal, sápadt-fehéren a fura maszk alatt, az egyszer csak egy perc alatt bólint egyet s fűrészporba hull, és akkor hiába ráznátok már, nem-nem, vadul.
Ha nem veled esik meg, majd megesik valamelyikőtökkel, mert csak ismeritek a farkas-bárány meséteket, van ott agyi-étkészlet bőven.
Tréfálkozom, d tudjátok-e, ahogy mondani szokták, néha elég egy semmiség, az is új irányt szabhat a dolgok menetének. Egy csipetnyi robbanógyapot a gyengélkedő uralkodó fülében. S már robban is a király. A felséges asszony futna a betegágyhoz. Vége a betegágynak. Vége a palotának. Gyász, rom, s keserv lengedez. A felséges asszony a megbolondulás határán áll. Vigasztalásul egy szelíd mosolyú ismeretlen mérgezett italt nyújt neki. A felséges asszony felhajtja és elpatkol, a lakájok pedig névcédulát függesztenek a hercegfiókák málháira. A szelíd mosolyú férfi visszatér, kinyitja a legnagyobb málhát, a hercegfiakat beletuszkolja, a málhát lelakatolja, a poggyászmegőrzőbe adja, s a színteret kézdörzsölve elhagyja.
S ha Elnök Uram, ha hölgyeim és uraim, én királyi családról beszélek, az csak afféle képes beszéd, mert lényegében hogyan ítélhetnénk el egy olyan királygyilkost, aki - nem lévén király a kezeügyében - a képességeit éppen közvetlen környezetén próbálja ki.
Főként azon, aki azt tartja, hogy egy maroknyi rizs elég ahhoz, hogy egy egész kínai család eléljen rajta hosszú évekig.
Azon, aki röhög a gyarmati kiállításon a fekete asszonyon, aki fekete porontyot visz a hátán, ő, aki hat-hét hónapja fehér, halott porontyot hord fehér hasában.
Azon az egy emberkén felvonuló derék harmincezren, aki Március Hatodikán ütemre tapodja Brüsszel köveit, amikor ellép, díszmenetben, az Ügyefogyott Katona emlékműve előtt, meg azokon, akik holnap vonulnak majd fel Alsó-, Felső-, Kis- és Nagybürgözd főterén és lőterén, a Már Felismerhetetlen Huszár kősírja előtt, szegény fiatalember, eltűnt a háborúban, ez mindnyájunk sorsa..."
Hanem egy felháborodott műemlékápoló felkap egy üvegkorsót, s azzal jó messziről homlokon trafálja a tréfacsinálót. Az elesik. Az Ügyefogyott Katona megbosszulva. A hivatalos álarctulajdonosok szétrugdossák az illető fejét, s a fiatal lány nevetve mártja a vértócsába napernyőjét: emléket akar. Tust húz a zenekar.
Vörös a férfi feje, mint a túlérett paradicsom, félszeme ott függ az idegvégen, de a szétrúgott arcrostokon ott ég a másik félszem, az ép, a bal, mint ívlámpa az ócska romokon.
,,Vigyék", mondja az Elnök Úr, s a hordágyra szép rendesen lefektetett, rendőrköpennyel ügyesen leplezett férfiú elhagyja az Élyseé-palotát, vízszintesen, két másik férfiú vele megy, előtte egy, mögötte egy.
,,Hiába, kell néha az a tréfa", mondja az őrszemnek, s az őrszem farkasszemet néz vele, s utánabámul, hosszan, meredten, ahogy az életrevalók tartják szemmel néha azt, aki élhetetlen.
Cirkalmasan kivilágított fénycsillag ég a gyógyszertár lehúzott redőnyében, s odakint, mint Kisjézus-váróba esett háromkirályok, henteslegények, dunyhavigécek s más melegszívű lények nézik a fényes csillagot, az mutatja nekik, hogy az illető benn lehet, még pislákolhat benne az élet, talán épp gyógykezelést ad neki valaki, a végén csak kiengedik, s akkor majd ők végleg befűtenek neki.
Várakoznak, s csakhamar látható, amint négykézláb behatol a vizsgálóbíró a mélyen lehúzott redőny alatt a helyiségbe, előbb csak pislog szerteszét, erre a gyógyszerész készségesen kinyújtja kezét, s megmutatja neki a holtat, a holt ember csecsemőmérlegnek támasztott fejét.
S a bíróban felmerül, s a gyógyszerész nézi, hogyan merül fel a bíróban, nem ez volt-e a tettese a konfetti-dobálásnak a marsall temetésén, meg a pokolgép-eldugásnak, még egykor, a kis káplár idején.
Aztán letárgyalják a magánügyeket, a gyermekeket, a hurutos légcsöveket; felkél a nap, Elnök Uraiméknál széthúzzák a szolgák a függönyöket.
Kinn zsong a kikelet, a csitri kis pacsirta csálé trillákat kavar az égi pírba, a parkokban parázs kavics-nyikorgatás, felhődagasztó kamasz-vihogás, zsong a kikelet, az iránytű irányt vesztve pereg, rossz-lányt keres a cvikkeres, és a szemközti szőke Garbo-fejű nőcske kissé túl hangosan nevetve hanyatt veti magát a kerevetre.
Itt a meleg. A gyufafáklya fekete mérge fejvesztve fetreng a dörzslap csillámain, itt a tavasz, lásd a gimnazista pattanásokat, a szultánleányt, a kigyógyökérbűvölőt meg a sok pelikánt, ablakba tett sok-sok virágcserepet, mellette sok-sok locsolót, hát itt a kikelet.
Süt a nap, ontja mindenkire a finom meleget, de nem süt be a börtönbe, nem süt rá arra, aki a bánya mélyén dolgozik,
aki halpénzt kapar
aki rossz húst eszik
aki hajtűhajlításból él
aki felfújja az üres üveget, amiből más iszik, ha teleteszik
aki zsebkéssel vágja a kenyeret
aki a gyárban tölti a szabadságát
aki nem tudja, mikor mit kell mondani
aki fej és nem issza meg, amit kifejt
aki nem kap érzéstelenítőt a fogorvosnál
aki a metróban köpi ki a tüdejét
aki pincében készíti el a töltőtollakat, melyekkel mások azt írják majd a szabad levegőn, hogy minden a legnagyobb rendben
akinek túl sok a mondanivalója ahhoz, hogy elmondhassa
akinek van munkája
akinek nincs munkája
aki munkát keres
aki nem keres munkát
aki lovat itat
aki nincs minden hájjal megkenve
akinek a mindennapi kenyere viszonylag hetenkénti
aki télen a templomban melegszik
akinek azt mondja a sekrestyés, menjen máshová melegedni
aki a bűn fertőjében fetreng
aki azért szeretne enni, hogy éljen
aki a kerekek alatt utazik
aki nézi, hogyan folyik a Szajna
aki felvétetik, elküldtetik, fizetésemelésben, bércsökkentésben részesíttetik, akivel foglalkoznak, akit megmotoznak, akit leütnek
akiről ujjlenyomatot vesznek
akit találomra kiállítanak a sorból és főbelőnek
akit felvonultatnak a Diadalív előtt
aki nem találja a helyét a társaságban, sem a világban
aki sose látta a tengert
aki lenszagú mert lenben dolgozik
akinek nincs folyóvize
akinek a láthatára csukaszürke
aki sóval szórja be a havat teljesen nevetséges ellenérték fejében
aki gyorsabban öregszik a többinél
aki nem érdemelte meg a dénárt mert nem becsülte a krajcárt
aki fulladozik az unalomtól vasárnap délután
mert tudja, hogy jön a hétfő
meg a kedd meg a szerda meg a csütörtök meg a péntek
meg a szombat
meg a vasárnap délután.

Tardos Tibor
 
 
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  2013-10-17 17:52:41, csütörtök
 
  Horváth Ödön...... ........... ........... ........... ........... ........... .............2012-03-1 6 , 17:03

Jacques Prévert - Őszi levelek

Ó, úgy szeretném, hogy még egyszer gondolnál
arra az időre, amikor együtt voltunk
Igen az élet akkor még szép volt és gyöngéd
és a nap hevesebben sütött mint manapság
Őszi levelek kavarognak körben
Látod nem tudlak elfelejteni
Őszi levelek kavarognak körben
és a szomorúság és az emlékezések
a már semmit sem tudni éjszakájából
jönnek elő és a hideg északi szél
fújja ide őket.
Látod nem felejtettem el
a mindig nekem énekelt dalodat
Ez a dal ránk hasonlít
Szerettél engem
és én téged

És olyan bensőségesen éltünk együtt
te, aki szerettél engem
s és én aki szerettelek téged
De az élet elválasztja egymástól
a szerelmeseket
lépésről lépésre
hang nélkül
és a tengerparton mindkettőjük lába nyomát
elmossa a víz
Őszi levelek kavarognak körben
és a szomorúság és az emlékezések
De szerelmem olyan hű és olyan csöndes
még mindig mosolyog és megköszöni az életet
úgy szerettelek téged, olyan szép voltál
Ah sohasem felejthetlek el.

Igen akkor az élet még szép volt és gyöngéd
és a nap hevesebben sütött mint manapság
A legédesebb szerelmem voltál
De most semmi másom nincs csak a bánatom
És énekelt dalodat
már soha sem veszítem el
Ez a dal ránk hasonlít
Szerettél engem
és én téged
És olyan bensőségesen éltünk együtt
te aki szerettél engem és
én aki szerettelek téged
De az élet elválasztja egymástól
a szerelmeseket
lépésről lépésre
hang nélkül
és a tengerparton mindkettőjük lába nyomát
elmossa a víz

Fordította - Horváth Ödön


Link-

 
 
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  2013-10-15 17:15:54, kedd
 
  Prévert, Jacques: Alicante (Alicante Magyar nyelven)

Alicante (Francia)


Une orange sur la table
Ta robe sur le tapis
Et toi dans mon lit
Doux présent du présent
Fraîcheur de la nuit
Chaleur de ma vie.



Alicante (Magyar)


Narancs az asztalon
ruhád a szőnyegen
neked ágyamban
édes jelen a jelen
az éj hűvösre hűl
létem érted hevül.

Koosán Ildikó
 
 
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  2013-10-14 14:28:02, hétfő
 
  Prévert, Jacques: Hogyan fessünk madarat? (Pour faire le portrait d'un oiseau Magyar nyelven)







Pour faire le portrait d'un oiseau (Francia)


Peindre d'abord une cage

avec une porte ouverte

peindre ensuite

quelque chose de joli



quelque chose de simple

quelque chose de beau

quelque chose d'utile

pour l'oiseau

placer ensuite la toile contre un arbre

dans un jardin

dans un bois

ou dans une forêt

se cacher derrière l'arbre

sans rien dire

sans bouger ...

Parfois l'oiseau arrive vite

mais il peut aussi bien mettre de longues années

avant de se décider

Ne pas se décourager

attendre

attendre s'il le faut pendant des années

la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau

n'ayant aucun rapport

avec la réussite du tableau

Quand l'oiseau arrive

s'il arrive

observer le plus profond silence

attendre que l'oiseau entre dans la cage

et quand il est entré

fermer doucement la porte avec le pinceau

puis

effacer un à un tous les barreaux

en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau

Faire ensuite le portrait de l'arbre

en choisissant la plus belle de ses branches

pour l'oiseau

peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent

la poussière du soleil

et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été

et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter

Si l'oiseau ne chante pas

c'est mauvais signe

signe que le tableau est mauvais

mais s'il chante c'est bon signe

signe que vous pouvez signer

Alors vous arrachez tout doucement

une des plumes de l'oiseau

et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.


Link


Link -




Jacques Prévert - Hogyan fessünk madarat?

Fessünk először egy kalitkát,
az ajtaját szélesre tárva,
s fessünk aztán
valami kedveset,
valami egyszerűt,
valami szépet,
valamit, ami hasznos
a kismadár szemének,
s támasszuk aztán egy fának a vásznat
egy kertben,
egy erdőben,
vagy egy rengetegben,
s rejtőzzünk a fa mögé semmit se szólva,
sőt mozdulatlan.
Néha gyorsan odajön egy madár,
de olykor hosszú évek is elmúlnak,
míg elhatározza magát, hogy leszáll.
Ne veszítsük el a türelmünk,
várjunk, merengjünk.
Várjunk, ha kell, éveken át,
száz év nem a világ,
hogy gyorsan vagy lassan jön-e meg a madár,
nincs semmi összefüggésben vele,
hogy lesz-e a képnek majd sikere.
Amikor megjön a madár,
- ha megjön a madár -
mélységes csendben legyünk,
várjuk meg, amíg a kalitkába belép,
s bent van, ha már besétált egyszer,
zárjuk be ajtaját gyorsan az ecsettel.
Aztán tüntessünk el minden rácsot vigyázva,
nehogy egy csöpp is hulljon a madárra.
Fessünk aztán egy tündéri szép fát,
s a legszebb ágat
válasszuk a madárnak.
Fessük meg a zöld lombokat, a borzoló szelet,
a napban táncoló porszemeket,
a fű bogarainak zsivaját a nyári melegben,
s várjuk meg, amíg a madár dalolni kezd önfeledten.
Ha nem dalolna a madár,
rossz jel volna, azt mutatná meg - óóó -
hogy a kép rossz, csapnivaló.
De jó jel az, ha a csőre dalra rebben.
Akkor egy tollat a gyerek
a madár szárnyából gondosan kitéphet,
s aláírhatja vele boldogan
a képet!

Fordította - Végh György





Hogyan kell madár-portrét készíteni (Magyar)


Először fessünk egy kalitkát

nyitott ajtóval

azután

valami kedves

valami egyszerű

valami szép

valami hasznos dolgot

a madárnak

akkor tegyük egy fa mellé a vásznat

egy kertben

vagy ligetben

vagy erdőben esetleg

s bújjunk a fa mögé

némán

és mozdulatlan...

A madár olykor nagyon hamar ott van

azonban eltelhetnek hosszú évek is

hogy rászánja magát

Ne csüggedjünk miatta

várjunk

várjunk ha még évekbe telne is

a madár korai vagy kései

érkezésének semmi köze sincs

a portré sikeréhez

Amikor megjön a madár

ha megjön

a legeslegnagyobb csöndben legyünk

s úgy várjuk hogy a kalitkába menjen

s ha megtörtént

csukjuk be finoman az ecsettel az ajtót

utána

egyenként kenjük el a rácsokat

de vigyázzunk hogy a madár tollaihoz ne érjünk

Majd aztán fessük meg a fát

válasszuk ki a legszebb ágat

a madárnak

fessük meg a zöld lombot friss szelet

porzó napot

a fűben mozgó állatok zaját míg forr a nyár

majd várjuk meg hogy dalba kezdjen a madár

Ha nem dalol

rossz jel olyasmit

jelent hogy rossz a kép

de ha dalol az jó jel azt

jelenti hogy kézjegyet tehetünk rá.

Akkor hát roppant óvakodva

emeljük ki egy tollát a madárnak

s írjuk oda nevünk egyik sarokba.

Csorba Győző

 
 
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  2013-10-11 07:17:12, péntek
 
  Prévert, Jacques: Tenéked szerelmem (Pour toi mon amour Magyar nyelven)

Pour toi mon amour (Francia)


Je suis allé au marché aux oiseaux

Et j'ai acheté des oiseaux

Pour toi

Mon amour

Je suis allé au marché aux fleurs

Et j'ai acheté des fleurs

Pour toi

Mon amour

Je suis allé au marché à la ferraille

Et j'ai acheté des chaînes

De lourdes chaînes

Pour toi

Mon amour

Et je suis allé au marché aux esclaves

Et je t'ai cherchée

Mais je ne t'ai pas trouvée

Mon amour










Gizella Lapu...... ........... ........... ........... ........... ........... ...... 2011-03-20 07:30:29

Jacques Prévert

TENÉKED SZERELMEM

Elmentem a galamb-piacra
s vettem galambot
tenéked
szerelmem
Elmentem a virág-piacra
s vettem virágot
tenéked
szerelmem
Elmentem az ócska-piacra
s vettem bilincset
tenéked
szerelmem
És aztán elmentem a rabszolga-piacra
kerestelek sokáig
de nem találtalak meg
szerelmein

Fordította : Végh György




 
 
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  2013-10-08 06:34:02, kedd
 
  Prévert, Jacques: Barbara (Barbara Magyar nyelven)

Barbara (Francia)


Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-la

Et tu marchais souriante

Epanouie ravie ruisselante

Sous la pluie



Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest

Et je t'ai croisee rue de Siam

Tu souriais

Et moi je souriais de meme

Rappelle-toi Barbara



Toi que je ne connaissais pas

Toi qui ne me connaissais pas

Rappelle-toi

Rappelle-toi quand meme ce jour-la



N'oublie pas

Un homme sous

un porche s'abritait

Et il a crie ton nom



Barbara



Et tu as couru vers lui

sous la pluie

Ruisselante ravie epanouie

Et tu t'es jetee dans ses bras



Rappelle-toi cela Barbara



Et ne m'en veux pas si je te tutoie

Je dis tu a tous ceux que j'aime

Meme si je ne les ai vus qu'une seule fois

Je dis tu a tous ceux qui s'aiment

Meme si je ne les connais pas



Rappelle-toi Barbara

N'oublie pas

Cette pluie sage et heureuse

Sur ton visage heureux

Sur cette ville heureuse



Cette pluie sur la mer

Sur l'arsenal

Sur le bateau d'Ouessant



Oh Barbara

Quelle connerie la guerre



Qu'es-tu devenue maintenant

Sous cette pluie de fer

De feu d'acier de sang

Et celui qui te serrait dans ses bras

Amoureusement

Est-il mort disparu ou bien encore vivant



Oh Barbara



Il pleut sans cesse sur Brest

Comme il pleuvait avant

Mais ce n'est plus pareil et tout est abime

C'est une pluie de deuil terrible et desolee

Ce n'est meme plus l'orage

De fer d'acier de sang

Tout simplement des nuages

Qui crevent comme des chiens

Des chiens qui disparaissent

Au fil de l'eau sur Brest

Et vont pourrir au loin

Au loin tres loin de Brest

Dont il ne reste rien.





Barbara (Magyar)


Emlékszel-e rá Barbara

aznap esett esett és ázott Brest

s te harmat-arccal jöttél

az esőben

kipirultan vidáman ragyogva



Emlékszel-e rá Barbara

esett esett és ázott Brest

a Sziám utcánál elém értél

s rám nevettél

És én is nevettem rád

emlékszel erre Barbara



Rád akit nem ismertelek

s nem láttalak soha

Emlékszel erre

emlékszel erre a szép napra



S azt se feledd

hogy egy férfi húzódott meg

egy kapu megett

és hosszan kiáltotta a neved



Barbara



S te megpillantva hogy ott áll

az esőben hozzá futottál

ragyogóan vidáman kipirulva

s belehulltál a karjaiba



Emlékszel erre Barbara



És kérlek ne vedd zokon ha tegezlek

én mindenkit tegezek akit szeretek

még akkor is hogyha először látom

s azokat is tegezem akik szeretik egymást

még akkor is ha nem ismerem őket



Emlékezzél csak Barbara

s el ne feledd soha

azt a csendes boldog esőt

mely akkor ömlött erre a boldog városra

és a te boldog harmat-arcodra



Zuhogott a tengeren is

a lőszertár felett a cirkálók felett

szakadatlan szakadt esett



Ó Barbara

micsoda marhaság a háború



Vajon mi lett veled

mikor hullott a vas gyilkoló zápora

a tűz a fém a vér zápora

és azzal aki úgy tartott karjaiba

szerelmesen

meghalt eltűnt vagy él



Ó Barbara



Ma is esik esik és ázik Brest

mint valaha

De ez már egész más eső

hisz minden elmúlt rég

ez a gyász síró fájdalmas esője

nem a fém és a vér vihara

most már csak a felhők haldoklanak

mint a kutyák

melyeket tovavisz

Brest alól az áramló víz

és elrothadnak valahol az óceán alatt

messzi messzire Bresttől

amelyből csak rom és korom maradt.

Tamkó Sirató Károly















 
 
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  2013-10-07 13:19:19, hétfő
 
  -Prévert, Jacques: Dal a két gyászoló csigáról (Chanson des Escargots qui vont à l'enterrement Magyar nyelven)


Chanson des Escargots qui vont à l'enterrement (Francia)


A l'enterrement d'une feuille morte

Deux escargots s'en vont

Ils ont la coquille noire

Du crêpe autour des cornes

Ils s'en vont dans le soir

Un très beau soir d'automne

Hélas quand ils arrivent

C'est déjà le printemps

Les feuilles qui étaient mortes

Sont toutes réssucitées

Et les deux escargots

Sont très désappointés

Mais voila le soleil

Le soleil qui leur dit

Prenez prenez la peine

La peine de vous asseoir

Prenez un verre de bière

Si le coeur vous en dit

Prenez si ça vous plaît

L'autocar pour Paris

Il partira ce soir

Vous verrez du pays

Mais ne prenez pas le deuil

C'est moi qui vous le dit

Ça noircit le blanc de l'oeil

Et puis ça enlaidit

Les histoires de cercueils

C'est triste et pas joli

Reprenez vous couleurs

Les couleurs de la vie

Alors toutes les bêtes

Les arbres et les plantes

Se mettent a chanter

A chanter a tue-tête

La vrai chanson vivante

La chanson de l'été

Et tout le monde de boire

Tout le monde de trinquer

C'est un très joli soir

Un joli soir d'été

Et les deux escargots

S'en retournent chez eux

Ils s'en vont très émus

Ils s'en vont très heureux

Comme ils ont beaucoup bu

Ils titubent un petit peu

Mais la haut dans le ciel

La lune veille sur eux.





Dal a két gyászoló csigáról (Magyar)




Egy falevél temetésére

elindult egyszer két csiga

Felöltötték gyász-héj ruhájuk

gyászfátyolt tűztek szarvukra

Elindultak a temetésre

Nyirkos ősz volt alkonyodott

Mentek de mire odaértek

akkorra kitavaszodott

Az elpusztult sárga falomb már

újrazöldült feltámadott

S a mély gyászba borult csigapár

ámultan nézett egy nagyot

A vidám nap sütött le rájuk

A vidám nap és ekként szólt

Ha már elcsigagoltatok idáig

foglaljatok hát itt helyet

igyatok meg egy jó pohár bort

ha így tartaná kedvetek

A párizsi busz erre jön majd

este hatkor nem hamarább

Ha úgy tetszik másszatok fel rá

világot láttok legalább

Csak e gyász-színt ne viseljétek

én mondom rám hallgassatok

elszürkíti a szem fehérjét

és torzítja az alakot

A koporsók borús világa

minden kedélyt elnehezít

Vegyétek fel régi ruhátok

az élet igaz színeit

És ekkor a sok bogár állat

a füvek bokrok és a fák

harsogó víg nótába kezdtek

teli tüdővel fújták zengték

a tavasz és nyár énekét

az élet tűzpiros dalát

És részegítő nektárt ittak

koccingattak is itt és ott

Szép volt új volt pezsdült az élet

mámoros tavaszeste volt

S a két csiga ellágyult szívvel

már hazafelé ballagott

Boldogok voltak és vidámak

de tán sokat is ittak ott

Hiába volt széles haslábuk

mindegyik dőlt és tántorgott

Ám a kék égbolt közepéről

vigyázott reájuk a hold.

Tamkó Sirató Károly

 
 
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  2011-03-23 09:04:16, szerda
 
  -Prévert, Jacques: Vincent keserve (Complainte de Vincent Magyar nyelven)

Complainte de Vincent (Francia)


À Arles où roule le Rhône

Dans l'atroce lumière de midi

Un Homme de phosphore et de sang

Pousse une obsédante plainte

Comme une Femme qui fait son enfant

Et le linge devient rouge

Et l'homme s'enfuit en hurlant

Pourchassé par le soleil

Un soleil d'un jaune strident

Au bordel tout près du Rhône

L'homme arrive comme un roi mage

Avec son absurde présent

Il a le regard bleu et doux

Le vrai regard lucide et fou

De ceux qui donnent tout à la vie

De ceux qui ne sont pas jaloux

Et montre à la pauvre enfant

Son oreille couchée dans le linge

Et elle pleure sans rien comprendre

Songeant à de tristes présages

L'affreux et tendre coquillage

Où les plaintes de l'Amour mort

Et les voix inhumaines de l'art

Se mêlent aux murmures de la mer

Et vont mourir sur le carrelage

Dans la chambre où l'édredon rouge

D'un rouge soudain éclatant

Mélange ce rouge si rouge

Au sang bien plus rouge encore

De Vincent à demi mort

Et sage comme l'image même

De la misère et de l'amour

L'enfant nue toute seule sans âge

Regarde le pauvre Vincent

Foudroyé par son propre orage

Qui s'écroule sur le carreau

Couché dans son plus beau tableau

Et l'orage s'en va calmé indifférent

En roulant devant lui ses grands tonneaux de sang

L'éblouissant orage du génie de Vincent

Et Vincent reste là dormant rêvant râlant

Et le soleil au-dessus du bordel

Comme une orange folle dans un désert sans nom

Le soleil sur Arles

En hurlant tourne en rond




Vincent keserve (Magyar)


Arles-ban ahol a Rhône folyik

Félelmes déli ragyogásban

Egy vér- s foszfor-ember zokog

Oly szörnyűséges jajgatással

Ahogy vajúdó nő szokott

És vörös lesz rajta az ing

És hörögve fut ez az ember

Mert űzi a nap a kegyetlen

Mely csikorog s mint sárga láng ég

Fut a bordélyba a Rhône-partra

Mint az egyik háromkirály

Kezében képtelen ajándék

Szeme gyöngéd-kéken borong

Valójában égő s bolond

Mint ki nem féltékeny s aki

Mindenét az életnek adja

És vászonba csavart fülét

Egy szegény lánynak megmutatja

És az sír és semmit sem ért

Baljós jelnek nézi hanem nem

Merné megfogni semmiért

E szörnyű s lágy kagylót amelyben

A holt szerelem jajai

S a művészet embertelen

Hangjai tengerzajba fúlnak

Majd meghalni a kövezetre hullnak

A szobában ahol a hirtelen

Vörösen fölrikácsoló vörös

Dunyha vörössége egybeszakad

A félhalott Vincent még friss-vörös

Vérével

S bölcsen mint a szánalom

És a szerelem szobra

Nézi szegény Vincent-t

Akit lesújtott saját vihara

Aki a kőre roskad

Mely egyik legszebb képén nyúlik el

S a vihar megnyugodva távozik

Tovagurítva véres hatalmas hordait

Vincent lángelméjének vihara

S Vincent marad alszik s álmodva nyög

És a nap a bordély fölött

Mint névtelen sivatagban hibbant narancs

A nap fönt Arles egén

Üvöltve átgörög.

Csorba Győző

 
 
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  2011-03-23 07:44:27, szerda
 
  -Prévert, Jacques: Az emberi erőfeszítés (L'effort humain Magyar nyelven)

L'effort humain (Francia)


L'effort humain

n'est pas ce beau jeune homme souriant

debout sur sa jambe de plâtre

ou de pierre

et donnant grâce aux puérils artifices du statuaire

l'imbécile illusion

de la joie de la danse et de la jubilation

évoquant avec l'autre jambe en l'air

la douceur du retour à la maison

Non

l'effort humain ne porte pas un petit enfant sur l'épaule droite

un autre sur la tête

et un troisième sur l'épaule gauche

avec les outils en bandoulière

et la jeune femme heureuse accrochée à son bras

L'effort humain porte un bandage herniaire

et les cicatrices des combats

livrés par la classe ouvrière

contre un monde absurde et sans lois

L'effort humain n'a pas de vraie maison

il sent l'odeur de son travail

et il est touché aux poumons

son salaire est maigre

ses enfants aussi

il travaille comme un nègre

et le nègre travaille comme lui

L'effort humain n'a pas de savoir-vivre

l'effort humain n'a pas l'âge de raison

l'effort humain a l'âge des casernes

l'âge des bagnes et des prisons

l'âge des églises et des usines

l'âge des canons

et lui qui a planté partout toutes les vignes

et accordé tous les violons

il se nourrit de mauvais rêves

et il se saoule avec le mauvais vin de la résignation

et comme un grand écureuil ivre

sans arrêt il tourne en rond

dans un univers hostile

poussiéreux et bas de plafond

et il forge sans cesse la chaîne

la terrifiante chaîne où tout s'enchaîne

la misère le profit le travail la tuerie

la tristesse le malheur l'insomnie et l'ennui

la terrifiante chaîne d'or

de charbon de fer et d'acier

de mâchefer et de poussier

passée autour du cou

d'un monde désemparé

la misérable chaîne

où viennent s'accrocher

les breloques divines

les reliques sacrées

les croix d'honneur les croix gammées

les ouistitis porte-bonheur

les médailles des vieux serviteurs

les colifichets du malheur

et la grande pièce de musée

le grand portrait équestre

le grand portrait en pied

le grand portrait de face de profil à cloche-pied

le grand portrait doré

le grand portrait du grand divinateur

le grand portrait du grand empereur

le grand portrait du grand penseur

du grand sauteur

du grand moralisateur

du digne et triste farceur

la tête du grand emmerdeur

la tête de l'agressif pacificateur

la tête policière du grand libérateur

la tête d'Adolf Hitler

la tête de monsieur Thiers

la tête du dictateur

la tête du fusilleur

de n'importe quel pays

de n'importe quelle couleur

la tête odieuse

la tête malheureuse

la tête à claques

la tête à massacre

la tête de la peur




Az emberi erőfeszítés (Magyar)


Az emberi erőfeszítés

nem az a jóképű mosolygó ifjú

ki gipsz vagy kőlábon áll

és aki köszönetet mond a szobrász

gyermeteg alkotásának

az öröm a tánc és az ünneplés

együgyű illúziója

másik lábát magasba lendítve

az édes hazatérés

Nem

az emberi erőfeszítés nem hordoz jobb vállán kisgyereket

a fején egy másikat

és harmadikat a bal vállán

szerszámtáskával

fiatal és boldog feleséget magához szorítva

Az emberi erőfeszítés sérvkötőt hord

és a munkásosztály

harcának hegeit

egy abszurd és törvénytelen világ ellen

Az emberi erőfeszítésnek nincs valódi otthona

saját munkájának érződő szaga

megtámadja a tüdőt

fizetése sovány

gyerekei szintén

négerként dolgozik

a néger meg úgy dolgozik mint ő

Az emberi erőfeszítésnek nincs jó modora

az emberi erőfeszítés nem az értelem kora

az emberi erőfeszítés kora kaszárnyák kora

börtönök fogolytáborok kora

templomok és gyárak kora

ágyúk kora

és ő aki mindenhova szőlőtőkét ültetett

és felhangolta mind a hegedűket

dohos álmokból táplálkozik

a rezignáció dohos borától részegedik meg

és mint egy nagy részeg mókus

kereng körbe-körbe

az ellenséges mindenségben

mely poros és alacsony

és kovácsolja a láncot

a szörnyű láncot amivel megláncol mindent

szenvedés profit munka vérengzés

szomorúság balszerencse álmatlanság és unalom

a félelmetes aranylánc

a szén vas és acél

salak és por

mely körbefonja

a zaklatott világ nyakát

a nyomorult lánc

amin fityegnek

isteni varázsú

szent ereklyék

becsület és horogkeresztek

szerencsemedálok

szolgálati érdemérmek

óvó talizmánok

és a nagy múzeumi darabok

a nagy lovas képmás

a nagy teljesalakos képmás

a nagy profilba ugró arckép

a nagy aranyozott képmás

a nagy látnok arcképe

a nagy császár nagy képe

a nagy gondolkodó arcmása

a nagy kötéltáncos

a nagy erkölcscsősz

a méltóságteli és szomorú pojáca

a nagy bajkeverő arca

az agresszív béketeremtő arca

a nagy felszabadító rendőrségi arca

Adolf Hitler arca

Thiers úr arca

a diktátor arca

a hóhér arca

mindegy az ország

mindegy a szín

az utálatosság arca

a szerencsétlenség arca

a pofozottság arca

a tömeggyilkosság arca

a félelem arca





*300* 2013. 03.13.

P. T.
 
 
0 komment , kategória:  Jacques Prévert 1.  
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